vendredi 10 juin 2016

Histoires de cafés et autres chaises Casabancales !




Envahis par ces cafés, sociaux, fréquentés par infréquentables et autres infréquentés, noyés dans cette marre aux canards qui a fini par remplacer celui du café, la nomenclature casablancaise de ces cafés suit un circuit bien particulier et se dessine alors un tableau particulièrement cocasse de la distribution des rôles au sein de ces théâtres de quartier.

Car à Casablanca, les livres entassés dans leurs bibliothèques ont tourné la page sur leur âge d’or et les musées ont eu la bonne idée de ne jamais ouvrir. La culture, oui, mais  uniquement celle du jardin secret d’autrui. 

Vous vous délecterez ainsi de voir le monde se lasser cycliquement de ces cafés qu’ils n’hésiteront pas à mettre sur le banc de touche, avant de voir immerger le Corner d’où se tireront les nouveaux penalties. Comprenez ainsi que vous ne vous  déplacerez donc qu’en bancs dans ces aquariums noyés de poissons clowns et où la chasse aux thons n’aura malheureusement pas encore été interdite. Souriez, vous êtes fishés ! 

Commençons d’abord par un gracieux hommage à l’incontournable café dit du chômage, ce formidable rassemblement d’inactifs, érigé en véritable délocalisation originale de l’ANPE, premier arrêt de notre plongée marine à la rencontre de cette espèce d’hippo qui y campent des jours durant.  

Étirant ainsi sur des heures entières les cafés les plus allongés de l’histoire, ces consommateurs monolithiques et autres amoureux de la politique du Ness-Ness unique, se livrent en fait à un concours mathématique extrêmement prestigieux, celui consistant à tracer la courbe inversement proportionnelle du nombre de cigarettes enfumées pour un même seul et unique et triste et solitaire, verre, plein et vidé, à moitié.

Véritables commentateurs inactifs de l’activité urbaine, c’est au nom d’un statut socialement légitimé d’observateurs officiels que ceux-ci aligneront ness-ness après ness-ness avec la même rigueur qu’ils aligneront leurs chaises le long de l’allée des cafés.

Ce sont ce que l’on pourrait appeler des interlocuteurs adeptes de la discussion de profil, ne semblant ainsi être capable de ne faire face à rien, pas même à vos paroles. 

Et il n’y a pas que le ness-ness qui soit fait à moitié.

Donnant l’illusion d’un café d’entracte entre deux phases de travail intense, ces habitués que même l’habitude a fini par définitivement quitter seraient en fait des genres de membres permanents d’une ONU version Aux-nuls. Peut-être se tournerait il un film dont ils seraient figurants ? Que sais-je !

Femmes au foyer, Hommes au café, l’organisation maritale, franchement pas leur tasse de thé. 

Entrer chez Paul ou être jeté dans la fosse aux lions de l’Atlas, ceux qui ne cesseront alors de vous dribbler du regard, entre docteurs et autres charlatans du style qui s’astreindront à pratiquer sur vous un scanner irréprochable, peut être le seul à être instantanément remboursé par la sécurité sociale.  

Ces reliques de royaumes de l’absurde où chaque table écoute en fait avec la plus précieuse des attentions la conversation de l’autre, processus dit du Domino où au lieu d’aboutir donc à un silence parfait, c’est un extraordinaire brouhaha qui noie en fait cette gêne commune et partagée. 

Entre les faux-jetons de Fauchon et les fauchés d’à côté, l’esquisse de cette ségrégation ferait presque office de carte postale balançant entre le « C’est çà que j’adore, Dior» et le « c’est là que je dors, dehors»


Indignes descendants de ces cafés intellectuels du 17e, vous y croiserez ces lampées de semi-préciseuses qui n’auront jamais été aussi ridicules, et y boirez les paroles de quelques vipères qui auront vite fait de vous faire avaler quelques couleuvres. 

Il y en a qui font le tour des cafés, telles des sangsues, les laissant sens dessus dessous, et retournant cracher leur feu ardent sur ce qu’il reste à torréfier.

Comme t’y es belle, répliqua la jeune Tberguigui...


Chef d’oeuvres de peintres plus illusionnistes qu’impressionnistes, ces make-up sur huile rivaliseraient presque avec les plus fameuses de leurs toiles.


Des cafés, histoire de chaumet, en toute quiétude. Enfin, Chanelxplique pas tout. 


Mais dans quel monde vuitton... 


Asmaa El Arabi 

dimanche 24 avril 2016


Derb Ghallef,là où     l'Apple S'tore de jalousie





Derb Ghallef, ce savant mélange de N3ass et du CNRS, cette concentration de génies incompris vivant encombrés dans un genre de laby-qui-t’éreinte sans électricité constante mais avec le bouquet de Canal + en clair en continu, évidemment !

Derb Ghallef,  c’est là où même Steve Jobs n’en aurait eu aucun…de jobs,  tellement le niveau de créativité de ces mathémagiciens est effrayante, là où l’Apple Store-drait de jalousie.

Il est ce troublant paradoxe entre un lieu introuvable sur un quelconque GPS mais qui a réussi à décoder tous les satellites de la planète, un genre de délocalisation des Services Après Vente du monde entier.

M’enfin si vous ne connaissiez que le SAV, c’est surtout sur le SAD, le service après Derb Ghallef,  qu’il faudra toujours compter.

Un genre de solution ultime, de carte de la last chance ou encore de dernier mot d’un Qui veut…économiser des Millions.

Oui, car ce n’est pas ici qu’on vous facturera une misérable réparation d’écran de téléphone à «  Ca fera 550 euros hors taxe, hors téléphone….ah et apparemment hors réparation me dit-on à l’oreillette » .

A Derb Ghallef, on vous réparera tout,  de votre écran de téléphone à coups de mini-tournevis dansant du ventre sur le dos de votre Iphone blessé,  en passant par votre cœur en mille morceaux à coup de DVD piratés, pour quelques dirhams.

«  Aji a khouya, j’ai fait tomber mon téléphone cinq fois, dezt 3lih bla voiture lbareh, ou bal 3lih kelb dial jirane, y tssouweb yak ? »

Wayli 3la lrass ou l3ayn-  répliqua Krimo, double ceinture de café noir et de tournage de tournevis sur circuits-imprimés qu’il sait laisser s’exprimer.

C’est le règne de l’absurde dans ce lieu d’exce-espions où ces fouines technologiques reniflent le potentiel hack à la seconde, et où droits d’auteur ne riment alors qu’avec doigts d’honneur.

Un lieu d’exception où vous rachetez volontiers à moitié prix ce téléphone qu’on vient de vous voler à l’angle Zerktouni.

Une version incroyable mais vrai des tours de la Défense…version Défense d’entrer, un Wall Street version  L’Wad Street, où la taille des flaques de boue qui ponctuent votre parcours du combattant n’a d’égale que celle de la meute de chiens, errant en véritables emblèmes mythologiques à l’entrée de ce Derb.

Ils ont photoshopé photoshop, Excel-lent dans le hack des dernières  versions du Pack Office et ont sorti Inception en Inceptionnant Leonardo Dicaprio avant même la sortie du réel film.

A vrai dire, ils pourraient même vous créer une version sur mesure du Titanic où Rose ou 3Rossa (pour les cinéphiles panarabes) aurait eu plus de place que prévu pour Jack sur sa planche de bois.

De la playstation –5 à la Xbox 360 en passant par la télé 15’’ , Derb Ghalef est la panacée des décodeurs TPS, la Clinique de l’Iphone 5, le cimetière de la Playstation 2, une véritable joute-tya de livres, de jouets, en passant par l’electroménager…

Et vous aurez l’impression d’être Didier Drogba, tentant de dribbler parmi ces Drou(g)ba infinis du Derb lorsque vous tomberez soudain, sans transition sur le fameux food-corner du moul lpanaché : un stand de jus et autres millefeuilles entourés de mille et une abeilles, trônant sans logique aucune au milieu

Derb Ghallef,  c’est une schizophrénie technologique parfaite, un grand-écart temporel exceptionnel dans ces ruelles d’absurdes saupoudrées d’anachronismes chroniques.




mardi 7 octobre 2014

Instagram pour des kilos de sem - To Follow back or not Follow back, telle est la question.




Instagram pour des kilos de sem ?
Sem Dial Instagram - Follow back ou ne pas Follow back telle est la question. 


Ins(t)adaqa li lah.  

Hier soir, passant par mon libanais habituel de l’avenue St Mark’s, je me retrouve surprise et sous l'emprise des douces ondes sonores d’un Saad Lamjared déchaîné sur la chaîne stéréo du restaurant qui me crève doucement mais sourd-ement le tympan. Et l’absurdité de la scène est un véritable Fala-fail. 

S.L in N.Y, rwilly ? 

Intriguée, apostrophée, exclamée par tant de points d’interrogation, toute la ponctuation du Laârouss se bouscule alors dans mon cerveau qui décide sans même me prévenir de jeter un coup de Tberguig sur l’Instagram de S.L. 

Stupeur, sueur, et tremblements.  Il était là, l’unique, Suis le te fuit, Fuis le te Fuit.

Saad Lamjared, Saad Titcherate, était en fait ce Chuck Norris Arabe, qui ne follow que lui-même sur Instagram. 

Quand même la vie suit son cours, le grand ne suit, lui, personne. 

Inti baghia wahed i koun Instagram dialou 3amer.

Et les questions continuent de bombarder le peu d’esprit rationnel qu’il demeure alors dans ma bande crânienne de Casa. 

La Zakat est-elle instagramable ? Doit-on donc suivre autrui autant que le droit chemin sur Instagram ? 

Autant de problématiques inutiles auxquelles je décide de dédier cette longue jour-née de stage que j'aurais volontiers avortée.