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samedi 30 août 2014

Carrie Bratchouf



Parce que même avoir une vie de chien à New-York, c’est toujours mieux que partout ailleurs.

Installée pour quelques mois inchaalah, The Tberguig devient Carrie Bratchouf.

Suivez donc les gros titres de la vie sous-titrée anglais de Bratchouf.

Parce que Carrie, wa bratchouf ou safi.

L’Amérocaine veut bien croquer dans la Big Apple, mais bch7al lkilo ba3da ?

Stay tuned.

vendredi 29 août 2014

Femme de Minaj, ceinture noire de Kératé !

Femme de Minaj, ceinture noire de Kératé ! 



Toc, Toc. C'est ne9i, ne9i Minaj. 

Femme de Minaj vous parle aujourd'hui de ce jour où elle préféra racler les sols plutôt que les fonds de tiroirs. Car c'est à coup de Kerata qu'elle fera ainsi valser cette eau qui coule alors à flow. Sister.

C'est le ménage de printemps au rythme des 4 saisons de Vidaoudi qui semblerait lui enseigner en maître cet art du bâton de la Kerata quelle mène à la baguette.

Et pour une fois quelle devient le bourreau qui vous assigne à l'immobilité sur l'arche que devient votre Salon-Seddari et sur lequel vous serez alors ce Noé, Noé, capitaine abandonné. 

C'est donc le jour de ces réveils où le premier pas de votre journée est un grand pas pour votre chaussette déjà mouillée.

Tel un dj sur son Dass floor, Femme de Minaj fera aller et venir ce Jeffaf tel un pinceau sur la toile d'une peinture abstraite ou encore un genre de skate qui se jouerait uniquement avec les bras. 

Et vous serez ces canards barbotant dans cette marre d'eau dont elle ratissera tous les coin-coins.

Notez surtout l'ardeur avec laquelle elle s'acharne à dégommer son chewing-gum quelle laboure alors comme s'il était cet homme qui lui aurait laissé un enfant sur les bras et les poils à jamais pousser sous les bras.


Une ode à Ne9i Minaj, ceinture noire de Kératé, qui a donc fini par dépasser maîtres et moult moul dar...


vendredi 15 août 2014

Re-douane Diwana - Car à l’aéroport, il n’y a pas que le nom qui RAM




Re-douane Diwana, car à l’aéroport, il n’y a pas que le nom qui RAM.

Re-douane Diwana, herrag et passager clandestin de renom, vous explique pourquoi il préfère traverser à la nage plutôt que de ramer à l’aéroport. 

Parce qu’il préfèrerait traverser la barrière de corail plutôt que celle de la douane.

Parce qu’il préfèrerait se faire couler au large de la mer rouge plutôt que de se faire saigner à cause d’un excédent de bagages.

Parce qu’il préfèrerait se noyer au milieu d’un banc de requins plutôt que de s’étouffer au milieu d’une bande de tortues. 

Car ici, le système aéroportuaire est, vous l’aurez compris, d’une lenteur si mortelle que même quand il s’agira de clamser vous ne pourrez mourir qu’à petit feu. 

Peut-être serait une technique anti-terroriste d’un genre nouveau, car il y a bien là de quoi décourager n’importe quel porteur de bombes quand vous semblez vous-mêmes prêts à exploser.

Et le premier arrêt, presque littéral, de ce pré-périple qu'est l'aéroport est celui dit du comptoir des Tamponniers. 

Ceux qui ne tamponneront vicieusement que sur les autres tampons de votre passe-porcs. Ceux dont les esprits ont plus de retard que ceux de tous les vols cumulés. Ceux qui dépassent les bornes avant même d’avoir passé la frontière. 

Car le temps passe et les crampes aux tempes sont lasses d'attendre le tampon pompeux du Grand Tempereur et tant pis pour les bousculades tamponneuses qui vous crève les tympans à l'arrière, on s'en tamponne le derrière.

À la recherche du tam(pon) perdu...une oeuvre de «Prout» que vous auriez presque le temps de réécrire.

Et vous souhaiteriez vous faire pousser une nageoire dorsale plutôt que de faire la queue dans ce filet à poissons

L’aéroport, parce que vous ne valez rien.


lundi 4 août 2014

C'est l'histoire d'une burqa qui voulait mettre les voiles.


   La burqa qui voulait mettre les voiles. 


Sur les plages, le con-bat de Soeur-Feuse contre les forces du Mâle, c’est une enquêquête de The Tberguig qui par ce soleil de plomb coule de source.

Car la main mise et baladeuse du mâle sur les plages, Phallus bien que quelqu’un en parle ! 

C’est donc assaillie par les Kss-Kss et autres syllabes animales aux sonorités complexes de ces requins des sables, que Soeur-Feuse a donc bien voulu tout se voiler...sauf la face !

Sachez ainsi, qu’en une comme en deux pièces, vous ne vaudrez donc pas un sou. 

Du moins, à part celui relatif au prix de ce kilo de viande de gazelle halal que vous représenterez alors. 

Et c’est un véritable parcours du combattant sur terrain miné qui attendra donc celle qui voudra vaillamment le traverser. 

" Il faut sauver le soldat 3ryane" vous ne cesserez donc de vous répéter, comme pour vous motiver, du départ de votre serviette aux vagues à l'arrivée. 

Ils seront partout. Semblables à ces sables mouvants qui vous aspireront de l’oeil et disséminés parmi ces groupes de pseudo joueurs de Foot qui feront tout pour vous toucher de leur balle. 

Et vous serez bien heureuse de ne pas avoir eu droit à la paire...de ces balles, car quelque soit le numéro de leur maillot, ce sera toujours pour vous la rencontre du troisième type. 

Délectez-vous donc de ces appels de phare destinés à vous, Oh sirènes d'Alexandrie.  

Car, prêts à tout pour conquérir vos cœurs que rien ne pourrait plus écoeurer, vous ne sauriez plus véritablement choisir entre noyade et ce maître ni nageur mi dragueur à qui vous offririez bien une bouée. 

Bekkini donc en Bikini. 







mardi 15 juillet 2014

Hammamia, here I go again !





Hammam( n.m sauf Hammam mixte ), se dit de ce lieu de suffocation volontaire où le décharnement des uns sera l’objet de l’acharnement des autres.

Un genre de relique d’un esclavagisme moderne et volontaire où tout semble avoir été minutieusement fait pour que vous restiez persuadés que ces personnes qui s’acharnent à décharner votre peau sont les vestiges des derniers suppliciés d’un genre de mythologie greco-hammam.

C’est à croire que le directeur artistique de cette super-production Sabounebeldyenne s’est astreint à donner à ce lieu des airs d’authentiques thermes romains et l’efficacité de ces allers-retours sur l’autoroute de votre corps à coup de ( tararararara ) KISS se chiffrera à la sueur de votre front...et à la longueur de ces spaghettis al dente dont le Kessel ne fera qu’une bouchée.

Vêtues de Marcels dont ils ne gardent de l’allure que le nom et de Cerdan, la vigueur qui fera serrer les vôtres, ces hommes et femmes dévoués à cette mono-activité de décapage pratiqueront sur vous le massage façon déboîtement de l’épaule à mort-veille.

De quoi vous inspirer un genre d’« Indignez-vous» version Stéphane Kessel...

Et parce que ce nom générique se conjugue également au féminin, vous aurez pour vous servir, Mesdames, deux principaux types de Kessalates.

D’un côté, ces genre de catcheuses qui n’évoluent qu’en milieu aride, les stars du Ring, celles au physique mêlant des allures de Rambo et d’Hagrid, et de l’autre celles restant aux vestiaires sur les bancs de touche, reprenant leur souffle après avoir aspiré le vôtre, bouteille d’eau fraîche à la main et serviette de Mohammed-Ali au cou, surveillant celles qui voudraient prendre leurs jambes au leur.

Durant cet instant plus de crasse que de grâce, je ne dois la mienne qu’aux mouvements artistico-contempourri que mon bourreau m’oblige à exécuter, et c’est ainsi que vous vous découvrirez des talents cachés de contorsionnistes et autres talons d’arthrose et d’un Achille fantaisiste.

Et vous vous convaincrez que l’on pourrait  tout à fait avoir le haut du corps étendu sur le ventre, les jambes allongées sur le côté tout en conservant le coude de son bras droit tourné vers le haut, et les pieds sur Terre.

Elle ont du pain sur la planche, et vous aurez l’impression d’être celui à pétrir...

Jouissant ainsi du syndrome de Stockholm le plus caniculaire jamais entendu, vous vous délecterez donc étrangement de ces phrases classées Reines du temple de la familiarité-promiscuité telles que « Ah, ah, ah, ch7al kenti mousskha a khti» ou encore « Ou tgoul wash bgha y khrouj lik loussekh».

Et c’est au compte-goutte que les secondes de la peine à laquelle je goutte s’égouttent, animant ainsi le cycle infernal d’une sueur qui se confond à la condensation, des vapeurs des corps aux plafonds, puis à nouveau de leurs hauteurs aux bas fonds.

Vous y découvrirez aussi, un capitalisme réinventé ou la propreté a donné lieu à une forme entièrement nouvelle de propriété : celle du sceau dans lequel vous ferez couler cette eau, qui en cas de conflit d’appartenance prendra bien quelques heures à passer sous les ponts.


Et c’est un sursaut d’effroi que causera le sceau de la moindre main étrangère posée sur votre seau, le Saint Staal, créateur de conflits depuis 1876 et qui risquera de vous coûter quelques mèches.

Et bien qu’on ne puisse pas réellement évoquer un quelconque sens de la pudeur dans ces lieux seins, son peuplement aspire cependant après rinçage à être le digne héritier d’un genre de néo-race aryenne version 3aryenne.

Et certes minimalistes, les codes dé-vestimentaires restent tout de même stricts. Car ici dans cette contrefaçon d’une plage de Copacabana version Copasandala, seules autorisées les charenthèses-ventouses Del mika, celles qui couplées à quelques gouttes d’eau vous joueront les plus beaux airs de Beethoven ou de Daoudia.

La complicité prendra ainsi la forme du compagnon qui vous frottera le dos avec la plus grande sincérité.

Que dire enfin, de l’indice de base de classement des Hammams, peut être l’une des dernières perles de l’absurdité : le manque plus ou moins drastique en oxygène.

Comme cette pièce, l’ennemi juré de toute chambre froide, celle constituant le dernier degré de raréfaction d’air niveau Kilimandjaro, dédiée aux as et des as qui s’y enfer-ment et apparemment aussi aux  poissons à branchies.

Et si l’oxygène ne circule plus, les ragôts se feront, eux, un plaisir de vous faire le tour du propriétaire...et des locataires du quartier et les cheveux continueront de danser parterre, portés par courants d’eau et courant d’air, du nature, au henné en passant par le néo-méché.

Vous les croiserez à tous les coins de rue, ces adeptes du Hammam, seuls et uniques citoyens à avoir la légitimité absolue de sortir avec le kit peignoir sur les épaules, serviette sur la tête et seau à la main. Ils ne sont qu'une centaine dans tout le Maroc à jouir de la patente officielle.


Et si ces airs de lavoirs d’antan vous chatouillent l’esprit, sachez que les risques de Zona dans ces eaux-là éclipseront très vite ces esquisses de descriptions aux allures de Zola...au Bonheur de ( ces ) Dames.

Asmaa El Arabi 

dimanche 15 juin 2014

Mon Père, qui êtes au ciel. My Father who art in Heaven.






C'était une journée parfaite
Quand Dire Straits berçait nos douces échappées en voiture,
Dans son atelier, ses pinceaux, ses couleurs, ses humeurs en peinture,
Quand le voir rentrer son sachet noir à la main était une fête,
C'était une journée parfaite

Quand à l'horizon ses boules de pétanque sans fin roulaient, 
Comme ses yeux plein de malice lorsqu'il souriait,
Quand le plus grand bonheur est de garder à jamais son regard en tête, 
C'était une journée parfaite

De ces images, jamais je ne me lasserai, 
Quand de l'odeur de ses cheveux mes mains restaient imbibées, 
Les yeux noyés de lumière se faisant mousser la barbe en se tenant la tête,
C'était une journée parfaite 


Au fond de son peignoir bleu, les couleurs grises de ses westerns me paraissaient moins ternes,
Comme ces instants où nageant dans ses bras les vagues devenaient douces et sereines, 
Il avait la nonchalance d'un penseur la cigarette au bec,
C'était une journée parfaite 


Il naviguait dans ses livres qui n'étaient pas pour lui que des mers de mots ou des courants de pensées, 
Quand  il sifflait ses airs préférés les yeux plissés en valsant sur un pied,
Résonnant dans ma tête comme le bruit de sa machine à cassette,
C'était une journée parfaite 

Il laissait ses chemises à fleurs danser avec le vent,
Quand près de nos rochers il allait à la pêche aux instants, 
Son existence passée devient parfois un absurde casse-tête, 
C'était une journée parfaite

Dans ses figues noires il voyait la vie en rose,
Quand sur des papiers éphémères il plantait de sa prose,
Ces souvenirs devenus comme des séquences muettes,
C'était une journée parfaite

Consumant amoureusement son temps comme un grand enfant,
Quand on pensait que sa fumée nous embrumerait éternellement,
Il n'avait pourtant pas une forme d'athlète,
C'était une journée parfaite

Il noyait ses doutes sans jamais remonter à la surface,
Quand dans sa collection de briquets et de montres il brûlait les heures en attendant que ce temps passe,
Son eau de Cologne n'était ni trop prétentieuse ni trop modeste,
C'était une journée parfaite 

Il secouait soigneusement ses pieds du sable, 
Quand sa vie ne demeure plus qu'un château de fables, 
Fou d'amour pour son adorable quartet, 
C'était une journée parfaite

Il entendit le train du bonheur siffler plus d'une fois,
Quand il restait assis sur le quai de l'autre voie,
Car il n'avait pas le sourire constant d'une marionnette, 

C'était une journée parfaite.

Asmaa El Arabi

vendredi 13 juin 2014

Match Nul...




Volets fermés, fenêtres placardées, voitures soigneusement rentrées dans les garages ou planquées dans des ruelles sinueuses, et discrètes, portes fermées, chérissant leurs serrures et gardant un oeil de boeuf bien ouvert sur leurs poignées : cela ne fait plus aucun doute, c’est jour de clash, de splash, de smash, enfin bref un classique jour de match.
En cet après-midi bien particulier Casablanca célèbre donc une fête unique…et c’est la sienne !
Plutôt celui d’un sanguinaire Saigneur que de l’Éternel Seigneur, ce jour d’exception aura vite fait de marquer les esprits de ses sons, ses sceaux et ses sursauts.
Il est six heures, Paris s’éveille, certes mon cher Jacques, mais Casa, elle, s’assoupit et ne semble que péniblement s’endormir dans les bras d’un Morphée sous morphine comme poursuivant l’envers de la naissance du papillon, se renfermant dans son précieux cocon.
Tout se passe ainsi comme si Casablanca s’astreignait en fait à une sieste obligatoire durant «le rouge et le vert» du Standby.
Ce jour où Casablanca se transforme en salle omnisports d’un genre de corrida footbalistique où vous risquez à tout moment d’être le vénéré foulard rouge du taureau ou le cher dindon de la farce.
Ces jours où la pelouse du stade rase les murs et où ses larges tribunes auraient voulu ne pas être aux premières loges.
Ce jour où Casablanca se mue en décor « grandeur raclure» d’un genre de western oriental où Clint Eastwood aurait déjà tracé à l’Ouest, poursuivi par des Daltons daltoniens obsédés par un rouge et un vert qu’ils ne voient que pas assez.
Oubliez donc le charaf du cherif, en ce jour où la kourat al 9adam ne sera visiblement pas l’affaire du m9adam et sachez donc que le nombre de tours de vos serrures n’aura d’égal que celui de buts marqués et d’occasions manquées.
Car ces insupportables insupporters  terrassant passants et trépassants, coupant les rues sens dessus-dessous, dans tous les sens, de l’interdit, à l’inverse, en passant par le propre et le figuré, n’auront de pitié que celle rimant avec Salpêtrière.
Rouant tout engin roulant de virulents coups francs et distribuant de généreux bâtons dans les roues de tout ce qui ne roulera désormais plus, ils défileront sur les boulevards comme une collection d’un créateur mal inspiré, embaumés des chants de ce jeu où il ne paraît y avoir que le ballon qui tourne véritablement rond.
Taclant les vitres des bus, taxant leurs chauffeurs, scrutant le moindre regard transversal, en désaccord ou en diagonale, leur heure de sortie sera celle de votre rentrée et vous vivrez aux rythmes des séismes sonores animants les cafés.
Et c’est l’irruption volcanique d’un magma verdâtre et grumeleux de supporters qui gronde car quelle que soit la couleur du carton qu’arborera l’arbitre, ils auront incontestablement dans la ville carte blanche.
À la vue apocalyptique de cette nuée insensée, encensée d’un fanatisme inversée, il semblerait véritablement que « balle qui roule amasse namouss» durant cette journée digne des plus belles sauvegardes d’un GTA version Joutiya.
Les feux tétanisés resteront donc bloqués à l’orange, et le jour de gloire sera enfin arrivé pour ces vaillants taxis rouges, les seuls à véritablement trancher dans cette drôle d’histoire.
Comme un orphelinat d’enfants sauvages débarquant au milieu de votre ville,vous tenterez de vous blottir en vain au fond du siège conducteur de votre voiture dont même l’embrayage se sera retiré telle une tortue rétractant sa tête et le frein à main aura désormais main mise sur vos manoeuvres.
Fuite d’huile pour les taxis rouges rencontrant quelques âmes enragées du raja ou pour ces feux verts croisant un petit groupe bien garni de têtes brûlées du wyDEAD, déboulant comme des boules de pétanques, dont vous seriez le malheureux cochonnet.
Gardez-vous donc de toute malencontreuse prise de position en ce jour conjointement traversé par le tropique du quiproquo et les cornes de son capricorne.
Depuis votre automobile,  agitant successivement un drapeau du Raja d’une main en veillant à minutieusement planquer celui du Wydad de l’autre, vous aurez alors l’impression d’être ce genre de poule refusant paradoxalement de se mouiller continuant d’afficher des sourires tellement apeurés par la véhémence de ces supporters qu’ils en deviendraient presque sincères.
Notre drapeau national semble lui-même incapable de trancher sur la question arborant discrètement cette étoile verte noyée dans une authentique mer de rouge.
Pour les plus inconscients défenseurs de la liberté de circuler, partisans de ces grandes et profondes phrases de citoyen engagés telles que « Malna Siba flblad», sortant impavides, en ces jours de lancer de pavés, nul besoin de s’armer de courage ou de patience, une généreuse dose de lâcheté et de démagogie appliquée en anesthésie locale sur ces supporters fera l’affaire.
A l’issue de ces matchs, 4 issues radicalement distinctes s’offrent alors gracieusement à vous : si Le Raja perd, il y aura de la casse. Une seconde possibilité se distingue également: Si le Raja gagne, il y aura, là par contre, de la casse. Autrement différente, s’il y a match nul, il y aura cette fois-ci de la casse. Enfin, si le match est annulé, il y aura bel et bien de la casse.
Aussi sûr donc que deux et deux font quatre, et que « un partout» fera très mal, les possibilités sont donc tout à fait diverses.
Comprenez donc que le seul véritable terrain, d’entente cette fois-ci, serait celui consistant à penser qu’à ce degré exceptionnel de nervosité et de tension, quelques soient leurs confessions, convictions et autres traumatismes sportifs, tous ne verront plus que rouge.
À la fin de cette courte journée de vie, ils auront alors bien réussi à élargir la surface de réparation et c’est d’un bon coup de ciseau, que vous aimeriez alors entendre ce «  coupez ! on ne la refait jamais.»
Asmaa El Arabi 

mardi 3 juin 2014

À Casablanca, le vol prend son envol !

Via Google

Nous assistons depuis de nombreuses semaines à une fascinante diversification des techniques et autres stratégies de vol urbain et les légendes gravitant autour de ce phénomène sont désormais contées avec une nonchalance absolument inédite.
Et il n’y a pas que “mi lhaja” sur l’image qui en soit mécontente !
Après le Guide du Routard, nous tenterons donc ici de mettre en lumière les grandes lignes du Guide du Cheffar.
Parmi les grandes figures de ce Scarface version Tkerfiss, il y a tout d’abord les fervents défenseurs de la méthode que l’on surnomme dans le milieu le système «Prince of Persia». Celle où les voleurs, armés d’authentiques sabres, s’essayent au braquage de petits commerçants en tentant de rétablir une noble injustice.
Seul bémol statutaire, les 3issabas, genre de BoysBand de malfaiteurs veillant à bien faire triompher le mal à travers maisonnées et supermarchés, exploitent déjà avec brio ce style connoté « Mille et une nuits » de Brigand-Old-School-Oriento-Underground.
Mais enfin, que serait la création sans inspiration !
Bref, s’étant jurés déloyauté et malhonnêteté, comme ces maffiosi embrassant tendrement une icône de la Madone après un règlement de compte, cette nouvelle génération de Ali Zawa et les 40 voleurs, n’hésiteront pas à laisser une trace sur vos visages en guise d’originale carte visite, lorsque leur rétribution ne sera pas à la hauteur de leurs ambitions.
Comme le Z que dessinait l’illustre Zorro pour signer sa victoire, il s’agira pour ces Zéros de ce que l’on appelle dans le jargon «logo de Nike», du verbe «3an Naykik» en phonétique arabo-darijique.
Vous ne retrouverez donc ni le charme ni même la galanterie d’Aladin dans ce style pour le moins anachronique et moyenâgeux.
S’ensuit alors la méthode « Duos de Choc » ou encore l’équation « Grissi touma Kssiri» qui consiste simplement en la formation d’un couple de motocyclistes, enivrés d’une formidable amitié et d’une parfaite complémentarité, l’un conduisant, l’autre attaquant, les deux repérant.
Surpassant les mythiques Laurel et Hardy, Tic et Tac, Marteau-Ciseaux, ou encore Stati et son sixième doigt, c’est main dans la main, le coeur sur la main, qu’ils vous demanderont de vider vos poches dans vos mains et vous arracheront vos sacs à main.
Tels des danseurs étoiles s’enfuyant au ralenti, en gracieux pas chassés, ils auront alors bien allégé votre poids de la journée.
Une question continuera cependant à gaiement gambader dans votre esprit dubitatif : Y a t-il de grands centres spécialisés où ces duos s’entraînent, améliorant leur descente, peaufinant l’enfourchement de leur 103 ou le jet de leur long et agile bras tel une ancre lancée à l’abordage d’une victime ?

Ce qui me paraît fascinant avec ces voleurs d’une race apparemment nouvelle, c’est qu’ils ne répondent en fait à aucune loi de la statistique classique comme ce genre de formidables artistes autodidactes ou… d’effrayantes bactéries mutantes.
L’on dit en effet souvent que l’occasion fait le larron mais il semble que ces cheffaras de haut vol soient capables de faire et l’occasion et le larron, avec une dextérité que j’aurais volontiers applaudie si la peur n’avait pas ôté toute trace de fraternité à mes deux mains, désormais loin d’être khouwatat.
Et puisque ces rencontres “désenrichissantes” surprennent désormais toute classe sociale, en tout lieu et à toute heure, pourquoi pas donner plus de structure à ce phénomène et créer, tant que nous y sommes, un genre de SAV inédit, un véritable : « Service Après Vol».
Un bureau où les victimes pourraient récupérer tous les objets volés qui ne se révèlent être en fait d’aucune utilité aux voleurs : un paquet de Flash « J’aime, je partage», une tétine usagée, un porte-clé sponsorisé WafaBank, un jeu de Ronda sans Rey,  un Tango mfertet, des cartes d’identité aux photos ratées, 200g de «Zebda tla3bar», deux dirhams de hamouss bared, ou encore un livre de cuisine dédicacé par Choumicha herchelf.
À mon compteur, trois types d’agressions, ce qui me situe donc à un niveau honorable sur l’échelle des agressés.
La première fois, marchant sur la route du Lycée, que je connaissais comme mes poches, encore pleines à cette heure-là, les cheveux valsant avec une agréable brise matinale et la démarche dansante, je vois arriver en sens inverse deux individus dans le style « Sat un jour, Sat toujours», aux allures plutôt amicales et détendues. Jusqu’à ce que nos pas se croisent, que les miens zigzaguent et que je sois prise en bocadillos entre ces deux personnes.
Chacun tirant de son côté mon pauvre sac comme un enfant déchiré par un divorce;
Coup final de cette brève partie de Street Fighter, mon agresseur finit par lâcher, je tombe donc sous le poids de mon sac. Sur la chaussée, des voitures passent, et je suis presque agacée que les voleurs soient partis, tant mon allure d’alcoolique anonyme au milieu de la route, me noie d’une abondante liqueur de ridicule.
Et la vie, du moins agrémentée d’un léger déclassement social, reprend son cours d’un naturel absurde et déconcertant.
Mais qu’est ce donc au juste que ces rencontres du troisième type ? Des épreuves d’immunité reprises de certaines saisons de Koh-Lanta, des rites d’acceptation où l’on affronterait «Double M», Mister M9ta3, comme épreuve finale ?
Enfin, n’oublions tout de même pas que si les petits voleurs sont pendus, les grands sont, eux, salués, comme l’a souvent répété ce très cher écrivain, Wilhelm Wander, que j’avoue ne connaître ni de vue, ni de nom, ni d’Adam, ni d’Eve.
Mieux vaut donc en rire, mais enfin pas trop, car comme le dit encore un dicton que je me suis auto-dictée, quand vous souriez à un brigand, n’oubliez pas de rigoureusement compter vos dents.
En bonus un prototype de Question-Test : Quel type d’agressé êtes-vous ?
Vous êtes arrêté au pied d’un feu rouge, à un de ces feux dont la flamme ne s’éteint qu’après vous avoir consumé. Il fait une chaleur de hammam beldi dans votre voiture et vous souffrez d’une puissante allergie à la climatisation :

1- Demeurant à l’intersection entre la rue des Bisounours et le boulevard des Teletubbies, vous ouvrez donc gaiement et naturellement votre fenêtre jusqu’au bout, en toute confiance et inconscience.
2- Sensible au bruit des 103, vous usez de la méthode « Dreb ou 9yess», qui consiste en la distribution continuelle de regards inquisiteurs à vos trois rétroviseurs : votre fenêtre d’oxygène s’ouvre donc et se referme selon que la voie soit libre ou non.
3- Pour vous, suer élimine les toxines et vous inviterez gentiment celui qui réfutera votre affirmation à attendre un taxi sur le bas-côté.
D, La réponse D- Qui a parlé de voiture ? Vous êtes enfermé(e) chez vous à quadruple tour et votre seule compagnie est le miaulement du chat du voisin qui passe se moquer de temps à autre à votre fenêtre. 

Asmaa El Arabi 

Article publié dans :
L'omnibus Hebdo 
La Nouvelle Tribune