Affichage des articles dont le libellé est diary. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est diary. Afficher tous les articles

mercredi 2 juillet 2014

Dans la peau d'une paire de Nike / A day in my Nike shoes

Mes Nike se désaltèrant. /
My Nike quenching their thirst.


Mes Nike se dé-désaltérant timidement. / Taking the Nike piss. 



Mes Nike se cultivant un tantinet. /
Some reading for my pair of Nike.


Mes Nike pour la paix dans le monde. /
My Nike for peace in the world.

Mes Nike qui se prennent pour Michael Jackson. /
My Nike pretending to be Michael Jackson.



Mes Nike Bobo se mettent au bio. / My Organic-Bohemian pair of Nike. 


Mes Nike discutant de tolérance avec une paire de converse. / My Nike discussing tolerance with a pair of converse.

Mes Nike se baladant main dans la main. / My pair of Nike, hand in hand.



Surmenage et Nike de tête. / My Nike headache.

  Mes Nike entre amis issus de la diversité. / Nike and Buddies.


Mes Nike essayant de déchiffrer des hiéroglyphes de Finance 2, Ni Champions Ni Champollion. / My pair of Nike trying to decipher hieroglyphics Finance 2, neither champions nor Champollion.  


Mes Nike qui s'endorment en rêvant secrètement d'une paire de tongs et de leur amour impossible. / My Nike falling asleep dreaming secretly of a pair of flip flops and their impossible romance.


vendredi 13 juin 2014

Match Nul...




Volets fermés, fenêtres placardées, voitures soigneusement rentrées dans les garages ou planquées dans des ruelles sinueuses, et discrètes, portes fermées, chérissant leurs serrures et gardant un oeil de boeuf bien ouvert sur leurs poignées : cela ne fait plus aucun doute, c’est jour de clash, de splash, de smash, enfin bref un classique jour de match.
En cet après-midi bien particulier Casablanca célèbre donc une fête unique…et c’est la sienne !
Plutôt celui d’un sanguinaire Saigneur que de l’Éternel Seigneur, ce jour d’exception aura vite fait de marquer les esprits de ses sons, ses sceaux et ses sursauts.
Il est six heures, Paris s’éveille, certes mon cher Jacques, mais Casa, elle, s’assoupit et ne semble que péniblement s’endormir dans les bras d’un Morphée sous morphine comme poursuivant l’envers de la naissance du papillon, se renfermant dans son précieux cocon.
Tout se passe ainsi comme si Casablanca s’astreignait en fait à une sieste obligatoire durant «le rouge et le vert» du Standby.
Ce jour où Casablanca se transforme en salle omnisports d’un genre de corrida footbalistique où vous risquez à tout moment d’être le vénéré foulard rouge du taureau ou le cher dindon de la farce.
Ces jours où la pelouse du stade rase les murs et où ses larges tribunes auraient voulu ne pas être aux premières loges.
Ce jour où Casablanca se mue en décor « grandeur raclure» d’un genre de western oriental où Clint Eastwood aurait déjà tracé à l’Ouest, poursuivi par des Daltons daltoniens obsédés par un rouge et un vert qu’ils ne voient que pas assez.
Oubliez donc le charaf du cherif, en ce jour où la kourat al 9adam ne sera visiblement pas l’affaire du m9adam et sachez donc que le nombre de tours de vos serrures n’aura d’égal que celui de buts marqués et d’occasions manquées.
Car ces insupportables insupporters  terrassant passants et trépassants, coupant les rues sens dessus-dessous, dans tous les sens, de l’interdit, à l’inverse, en passant par le propre et le figuré, n’auront de pitié que celle rimant avec Salpêtrière.
Rouant tout engin roulant de virulents coups francs et distribuant de généreux bâtons dans les roues de tout ce qui ne roulera désormais plus, ils défileront sur les boulevards comme une collection d’un créateur mal inspiré, embaumés des chants de ce jeu où il ne paraît y avoir que le ballon qui tourne véritablement rond.
Taclant les vitres des bus, taxant leurs chauffeurs, scrutant le moindre regard transversal, en désaccord ou en diagonale, leur heure de sortie sera celle de votre rentrée et vous vivrez aux rythmes des séismes sonores animants les cafés.
Et c’est l’irruption volcanique d’un magma verdâtre et grumeleux de supporters qui gronde car quelle que soit la couleur du carton qu’arborera l’arbitre, ils auront incontestablement dans la ville carte blanche.
À la vue apocalyptique de cette nuée insensée, encensée d’un fanatisme inversée, il semblerait véritablement que « balle qui roule amasse namouss» durant cette journée digne des plus belles sauvegardes d’un GTA version Joutiya.
Les feux tétanisés resteront donc bloqués à l’orange, et le jour de gloire sera enfin arrivé pour ces vaillants taxis rouges, les seuls à véritablement trancher dans cette drôle d’histoire.
Comme un orphelinat d’enfants sauvages débarquant au milieu de votre ville,vous tenterez de vous blottir en vain au fond du siège conducteur de votre voiture dont même l’embrayage se sera retiré telle une tortue rétractant sa tête et le frein à main aura désormais main mise sur vos manoeuvres.
Fuite d’huile pour les taxis rouges rencontrant quelques âmes enragées du raja ou pour ces feux verts croisant un petit groupe bien garni de têtes brûlées du wyDEAD, déboulant comme des boules de pétanques, dont vous seriez le malheureux cochonnet.
Gardez-vous donc de toute malencontreuse prise de position en ce jour conjointement traversé par le tropique du quiproquo et les cornes de son capricorne.
Depuis votre automobile,  agitant successivement un drapeau du Raja d’une main en veillant à minutieusement planquer celui du Wydad de l’autre, vous aurez alors l’impression d’être ce genre de poule refusant paradoxalement de se mouiller continuant d’afficher des sourires tellement apeurés par la véhémence de ces supporters qu’ils en deviendraient presque sincères.
Notre drapeau national semble lui-même incapable de trancher sur la question arborant discrètement cette étoile verte noyée dans une authentique mer de rouge.
Pour les plus inconscients défenseurs de la liberté de circuler, partisans de ces grandes et profondes phrases de citoyen engagés telles que « Malna Siba flblad», sortant impavides, en ces jours de lancer de pavés, nul besoin de s’armer de courage ou de patience, une généreuse dose de lâcheté et de démagogie appliquée en anesthésie locale sur ces supporters fera l’affaire.
A l’issue de ces matchs, 4 issues radicalement distinctes s’offrent alors gracieusement à vous : si Le Raja perd, il y aura de la casse. Une seconde possibilité se distingue également: Si le Raja gagne, il y aura, là par contre, de la casse. Autrement différente, s’il y a match nul, il y aura cette fois-ci de la casse. Enfin, si le match est annulé, il y aura bel et bien de la casse.
Aussi sûr donc que deux et deux font quatre, et que « un partout» fera très mal, les possibilités sont donc tout à fait diverses.
Comprenez donc que le seul véritable terrain, d’entente cette fois-ci, serait celui consistant à penser qu’à ce degré exceptionnel de nervosité et de tension, quelques soient leurs confessions, convictions et autres traumatismes sportifs, tous ne verront plus que rouge.
À la fin de cette courte journée de vie, ils auront alors bien réussi à élargir la surface de réparation et c’est d’un bon coup de ciseau, que vous aimeriez alors entendre ce «  coupez ! on ne la refait jamais.»
Asmaa El Arabi 

mercredi 11 juin 2014

En Immersion dans les rues de Casablanca...

Via Google

Ce n’est qu’après de longues années de regards passifs et familiers sur les rues de notre pays que l’on finit enfin par y déceler ces trésors de scènes presque anachroniques dont elles débordent.

Tout d’abord, le balayeur de rues, celui qui manie poétiquement de grandes et élégantes feuilles de palmiers et qui soulève sur son passage des nuées de poussières et de souvenirs. Notre passage rapide en voiture nous offre tout de même le temps de poser un regard illuminé sur cette scène de parade amoureuse digne des plus grands films indiens ou autres ballets classiques.

L’autre acteur principal de la pièce, dont les apparitions sont, pour sa part, plus courtes et plus rares, n’a rien à envier dans sa singularité à notre valseur-balayeur. Il s’agit de celui que l’on appelle communément le commis de « Moul lpisseri» ou Bras de droit de Lahcen, celui qui livre toutes sortes de choses à travers la ville avec le même entrain et la même allure vagabonde et décomplexée. Sa livraison phare est cette ronde et lourde chose bleue nommée «Bouta» ou « Boutagaz» pour les puristes linguistes de la darija marocaine. Cet être particulier qui semble avoir un passe au-dessus des lois routières, et qui traverse sans prévenir rues et boulevards, s’affaire à pousser vaillamment son petit chariot, pour livrer sa belle, sa bien-aimée, sa bouta, dont il se soucie comme d’une mariée dont on va donner la main.

Mais celui qui cristallise sans aucun doute toute la beauté de l’absurde marocain, celui dont la présence se démultiplie à l’infini à travers toute la ville, celui qu’on ne présente plus et qui se présente à vous en accostant sans transition les fenêtres de vos automobiles est le fameux gardien de voitures.

Partout où vous irez il sera, dans les ruelles les plus profondes de Casablanca, dans les impasses, les culs-de-sac, les rues cachées, celles abandonnées, à demi-construites, et ne faites pas même confiance aux routes pistées car là où un bout de trottoir il y aura, notre cher dresseur de roues sera. N’essayez donc jamais de semer sa présence, car cet être venu d’ailleurs, de cette Gardiane Planet qui remplace désormais Pluton, est capable des plus beaux sprints derrière votre voiture en cas d’oubli, disons involontaire, de sa rétribution. Vous ne verrez de lui depuis votre rétroviseur que la magnifique blouse bleue dansant avec le vent et la vitesse.

Ce surhomme a su repeindre tous les trottoirs jaunes en blancs par la seule force de la pensée et de la supputation pour l’amour du stationnement, et a rendu presque irrationnelle l’utilisation du parcmètre.

Il est celui qui a décidé de garder toute la monnaie gagnée dans une seule poche musicale qu’il raffole de faire tinter et celui dont le remix s’appelle « Braqui, Braqui, Braqui, safi hbess».

Il est le coach du créneau, celui qui refera naître en vous l’envie de garer votre voiture et qui redonnera de l’entrain à vos marches arrière.

Autre mais tout aussi fascinant, le 3essass ou la mère juive du quartier, celui qu’on soupçonne d’avoir un immense tableau des heures d’entrée et de sortie des gens du coin, un trombinoscope des invités selon la fréquence de visite et peut être même un book des immatriculations des voitures restées sans identité, car le 3essass a une sainte horreur de ne pas savoir. Gardien de vos maisons et de votre moralité, il est cette mère poule et étouffante dont nous avons tous rêvé.

Puis arrive le semssar, celui qui sait simultanément quand est ce que votre titre foncier sortira à la commune et combien coûterait une femme de ménage pour le mois en basse saison. Il est celui qui ne se charge que des informations collatérales, sans cohérence aucune, spécialisé dans les débris informationnels et dans toutes les infos qui servent du rayon « infos qui ne servent à rien».

Last but not least, Mr Bi3, notre Mr Bean local, vocaliste et castafiore, il criera d’un son presque électronique tout ce que vos oreilles désireront entendre en plus des classiques «Jabil» et « wa lbayd».

Comme les personnages d’un théâtre à ciel ouvert en perpétuelle représentation dont on a arbitrairement distribué les rôles à travers la ville, les êtres que l’on vous présente ici sont bel et bien tirés de faits réels.